19 novembre 2006

L'entreprenariat est-il soluble dans la mondialisation libérale ? L'exemple de la grande distribution

La grande distribution, telle qu'elle est organisée aujourd'hui, contribue largement à la mondialisation ultra-libérale.
medium_1.gifLa démonstration est implacable : pour séduire le client, il faut des prix bas. Ceux-ci s'obtiennent en étranglant le producteur ou le fabricant : "vous nous faites les meilleures conditions si vous voulez être présents dans nos rayons". Que fait l'industriel pour s'aligner ? Il baisse ses coûts de production : précarisation de l'emploi, achat de matériaux dans les pays en voie de développement, voire délocalisation.
Cette démarche économique favorise conjointement la concentration des petites et moyennes entreprises et la paupérisation du salariat et des petits chefs d'entreprise qui souhaitent rester indépendants.medium_2.gifNous passerons sur la qualité des relations dans le travail qui découle de ce libéralisme extrème. Dans la mesure où pratiquement tout le monde s'appauvrit, il devient indispensable de baisser à nouveau les prix : la boucle est bouclée...
Dans ce contexte, il faut avoir beaucoup d'audace pour se mettre -ou rester- à son compte ; ou bien beaucoup d'humilité pour accepter de courber le dos devant les exigeances de la mondialisation. Vous avez le choix entre devenir un petit patron dont le revenu sera décidé par les centrales d'achat, ou bien une caissière précaire de Aldi, ou encore un cadre surmené chez Carrefour.medium_3.gifElle est pas belle la vie ?!
Si nous ne mettons pas des garde-fous, si nous n'acceptons pas une forme de contrôle de la "main invisible", nous courons tout droit, et cela a déjà commencé, vers la disparition d'un capitalisme de taille humaine au profit d'un ultra-libéralisme débridé et castrateur.

"Etre libéral, ce n'est pas la liberté de faire n'importe quoi." Gilles de Robien in "Alexis de Toqueville"