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16 décembre 2006
Plus tard, je serai gérant mandataire chez Casino !
Dans le petit monde des dirigeants du commerce coexistent trois statuts sociaux. En premier lieu, nous trouvons les indépendants, propriétaires de leur fonds de commerce, qui pilotent leur entreprise souvent en nom propre : ils achètent et revendent la marchandise, paient les charges (fonctionnement, personnel, taxes...) et s'impliquent personnellement dans la vie locale. Il s'approvisionnent parfois auprès de centrales ou de groupements d'achats, en ayant pour cela adopté ou pas une enseigne. Lorsqu'ils s'enrichissent trop, ils sont montrés du doigt comme des profiteurs ; lorsqu'ils font faillite, tout le monde leur tourne le dos.
Un deuxième groupe d'individus dévoués et serviles sont les dirigeants d'unités commerciales sous enseignes intégrées à un grand groupe. Ce sont les directeurs de supermarchés, d'hypermarchés et magasins discount. Dans leur cas de figure, ils ne sont pas responsables sur leurs deniers personnels en cas de mauvaise gestion de leurs magasins. Tout au plus risquent-t-ils une mise au placard, voire un licenciement économique, c'est-à-dire aux frais de la collectivité.
Les supérieurs hiérarchiques de ces directeurs sont souvent d'anciens élèves de grandes écoles qui vont de conseils d'administration en conseils de surveillance, empochant au passage des stocks options énormes en regard de ce que gagnent leurs employés.
Et enfin il y a les gérants mandataires ! Ce contrat est utilisé par des entreprises comme le Groupe Casino pour exploiter ses petites unités commerciales à l'enseigne "Petit Casino". Les couples candidats sont séduits par la perspective de travailler en couple, de bénéficier d'un logement de fonction (souvent minable), de s'intégrer à la vie sociale d'un quartier ou d'un village et, après avoir fait trop logtemps ses armes dans un magasin difficile, d'intégrer une surface plus importante et de goûter enfin aux plaisirs des grosses journées bien payées.
Le revers de la médaille, pour avoir connu le système de l'intérieur, est que la direction de ce groupe, managée par un financier implacable en la personne de Jean-Charles Naouri, n'a jamais osé toileter ce contrat d'un autre âge. En fait, l'apprenti-commerçant s'apperçoit rapidement qu'il n'est pas maître de commercer comme la situation locale de son magasin l'exige : assortiments, horaires et jours d'ouverture sont maîtrisés par la direction. Celle-ci lui imposera un rythme de gestion inadapté à la structure du commerce : commande de produits périssables complètement loufoque par exemple. Ceci conduit les gérants de succursales dans des situations financières difficiles qui sont elles-même sanctionnées par le contrat ! En clair : ils font ce que la direction leur dit de faire et s'ils se plantent, ils paient et ils partent ! Le Groupe Casino a trouvé à bon compte un moyen d'empocher un maximum d'argent sans endosser les risques du métier.
Un dernier petit détail : le salaire minimum garanti équivaut à une fois et demi le Smic pour un couple.
Un forum animés par ces gérants est accessible par un lien mentionné ci-contre.
Casino, ton univers impitoya-a-ble !
15:53 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


